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Guide éducatif - Forêt Montmorency
Tous les services / Foresterie, géographie et géomatique | 2012-08-30 13:47:22
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    GUIDE ÉDUCATIF Forêt Montmorency L'environnement, le plein air et les technologies pour mieux découvrir les sciences naturelles et le génie

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    Table des matières La Forêt Montmorency : forêt boréale sous aménagement durable .............3 Un aménagement écosystémique et polyvalent ..........................................4 La dynamique des populations fauniques à la Forêt Montmorency ............6 Un aménagement de la forêt qui tient compte de la faune ..........................7 Les paysages forestiers ..............................................................................8 Les aires protégées ....................................................................................9 Des technologies de pointe pour aménager et cartographier le territoire .....................................................................10 Le climat et les changements climatiques ................................................11 Des professionnels pour un aménagement durable du territoire ..............12 Témoignage de Julie Bouliane, ingénieure forestière de la Forêt Montmorency ........................................................................14 Le territoire de la Forêt Montmorency .....................................................15 Révision : Véronique Audet, ing.f., M.ATDR, Faculté de foresterie, de géographie et de géomatique Julie Bouliane, ing.f., M.Sc., Forêt Montmorency Hugues Sansregret, biol., M. Sc., Forêt Montmorency Pierre Vaillancourt, naturaliste, Forêt Montmorency L'utilisation du masculin dans ce document est effectuée sans discrimination et simplement dans le but d'alléger le texte. 2

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    Depuis plus de quarante ans, l'aménagement forestier à la Forêt Montmorency intègre l'ensemble des ressources et vise leur durabilité pour les générations futures. On y a développé au fil des ans un modèle d'aménagement, la forêt mosaïque, inspiré des perturbations naturelles retrouvées dans la sapinière à bouleau blanc humide de l'Est du Québec. Ce modèle est en constante évolution, selon les résultats concrets observés sur le terrain et les diverses recherches réalisées. Ce type d'aménagement est dit écosystémique et il permet de maintenir la biodiversité et les La Forêt Montmorency : forêt boréale sous aménagement durable traits distinctifs des écosystèmes du territoire. La mission de la Forêt Montmorency, forêt d'enseignement et de recherche de l'Université Laval, est de constituer un milieu d'accueil visant l'excellence dans les domaines de l'enseignement, de la recherche et de l'éducation du grand public, en lien avec l'aménagement durable des forêts. La Forêt Montmorency permet une coexistence harmonieuse entre les activités forestières et les activités d'enseignement, de recherche, de récréation et de tourisme comme le ski de fond, la raquette, la pêche et bien plus encore. L'écosystème boréal Véritable ceinture verte qui entoure la planète dans les régions nordiques, la forêt boréale est l'écosystème forestier le plus vaste du monde. La Forêt Montmorency en fait partie. Elle est localisée dans la portion sud de cette ceinture nordique. * La forêt boréale couvre environ 35% de la masse continentale du Canada et un peu plus du tiers de la superficie du Québec. * Elle est dominée par des peuplements de sapins, de pins, d'épinettes, de peupliers et de mélèzes. * Trente pour cent de la forêt boréale est recouverte de zones humides, dont environ 1,5 million de lacs et un important réseau de rivières. De beaux défis de conservation et de mise en valeur sont liés à l'écosystème boréal. 3

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    la Forêt Montmorency, les À ingénieurs forestiers et les chercheurs travaillent depuis 1964 à développer des façons d'aménager le territoire qui mini misent les impacts sur l'environnement. Comment ? En s'inspirant de dame Nature... Plus précisément, ils observent ce qui se passe de façon naturelle lorsqu'il n'y a pas d'intervention humaine ou ce qui s'est passé dans la forêt avant l'exploitation industrielle. 4 Un aménagement écosystémique et polyvalent De façon naturelle, deux perturbations principales affectent la sapinière à bouleau blanc humide de l'Est du Québec : les épidémies de tordeuses des bourgeons de l'épinette et les chablis. La tordeuse des bourgeons de l'épinette est un insecte ravageur qui affectionne particulièrement le sapin baumier et qui peut dévaster de grandes superficies forestières. Le chablis est caractérisé par des superficies variées d'arbres renversés par le vent. Avant le début de son exploitation pour la ressource ligneuse, la Forêt Montmorency comportait un entremêlement de petites forêts à divers stades de développement créé par les épidémies de tordeuse des bourgeons de l'épinette et les chablis. Par conséquent, en répartissant les coupes forestières dans le temps et dans l'espace, on recrée le paysage de forêts d'âges variés, ce qui constitue l'assise de l'aménagement écosystémique. Quelle est donc la règle pour réaliser un aménagement écosystémique à la Forêt Montmorency ? Maintenir 25 % de la superficie en forêts en régénération de moins de 7 m (moins de 21 ans), 25 % en jeunes forêts (21 à 40 ans), 25 % en forêts mûres (41 à 60 ans) et 25 % en vieilles forêts surannées, forêts vierges et forêts de structure irrégulière (plus de 60 ans). Un aménagement polyvalent et intégré : Le modèle d'aménagement de la Forêt Montmorency prend en considération les valeurs liées à la conservation et la mise en valeur du territoire, de la matière ligneuse, de la faune, des activités de récréation et de tourisme ainsi que du patrimoine culturel et historique. C'est pourquoi on parle d'aménagement intégré de l'ensemble des ressources. Aussi, chaque portion de territoire doit être utilisée selon son meilleur potentiel, en lien avec les valeurs identifiées. On parle donc d'un aménagement polyvalent.

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    Les coupes forestières constituent-elles une forme de déforestation ? La déforestation est une conversion ou une perte de forêt au profit d'une autre utilisation. Elle est liée à l'action humaine et entraîne une perte permanente ou à long terme de la couverture forestière. La conversion des forêts pour l'agriculture, le pâturage ou le développement résidentiel et commercial en sont quelques exemples. Les coupes forestières où la régénération de la forêt est assurée naturellement ou par un reboisement ne constituent pas une déforestation, puisque la perte du couvert n'est que temporaire 1 . Au Québec, les coupes forestières doivent être réalisées de façon à protéger la jeune repousse, appelée régénération, déjà présente sous le couvert et ainsi assurer le renouvellement de la forêt. Si cette repousse n'est pas présente, un reboisement doit alors être réalisé. C'est pourquoi nos coupes forestières ne constituent pas une forme de déforestation. 1 Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) 5

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    La Forêt Montmorency comporte plusieurs espèces fauniques telles que le lièvre, la gélinotte, le porc­épic, l'orignal et divers oiseaux. On y retrouve même le loup, dont l'observation régulière est liée à un habitat de qualité. Le loup, un précieux prédateur Situé à la tête de la chaîne alimentaire, le loup peut s'alimenter non seulement de lièvres, de petits mammifères et d'oiseaux mais également de gros cervidés tels que l'orignal, le caribou et même le cerf de Virginie. Plusieurs animaux profitent grandement de sa présence en se nourrissant des carcasses de ses proies. En période difficile comme l'hiver, cela permet à certains d'assurer leur propre survie. 6 La dynamique des populations fauniques à la Forêt Montmorency Le loup contribue à maintenir l'équilibre naturel de la population d'orignaux de la Forêt Montmorency par sa prédation. Il élimine les animaux faibles et malades et assure ainsi le maintien d'une population d'orignaux composée d'individus forts et en santé. Cet animal joue un rôle majeur dans la dynamique de l'écosystème. L'orignal, une espèce bien adaptée à l'hiver En hiver, l'habitat de l'orignal est constitué de forêts mûres où il se protège du vent et de la neige, et de forêts jeunes où il peut se nourrir. Son régime alimentaire est alors composé principalement de rameaux de bouleau blanc, de saule, de peuplier faux­tremble, d'érable à épis et de sorbier d'Amérique. Un adulte de bonne taille consomme quotidiennement de 15 à 20 kg de rameaux ! Quand l'hiver progresse et que l'épaisseur de la neige au sol entrave ses déplacements, l'orignal commence à ravager. Le ravage est constitué des nombreux sentiers utilisés à répétition par l'orignal pour accéder à sa nourriture et au couvert forestier. Cela peut ressembler à un labyrinthe de sentiers parfois profonds jusqu'à un mètre. En se concentrant ainsi dans les mêmes sentiers au lieu d'en battre continuellement de nouveaux, l'orignal minimise ses dépenses d'énergie et augmente ainsi ses chances de survie. En été, l'orignal se nourrit de feuillage et d'une grande quantité de plantes aquatiques. Durant la belle saison, un adulte de taille moyenne consomme quotidiennement de 25 à 30 kg de matières végétales diverses.

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    Un habitat de qualité pour la faune doit en combler les besoins d'alimentation, d'abri et de reproduction. De façon générale, la majorité des espèces affectionnent les habitats qui offrent différents stades de développement de la forêt. Par exemple, à court et à moyen termes, le lièvre, la gélinotte et l'orignal tireront profit du rajeunissement des forêts, puisque la régénération qui s'établit à la suite d'une coupe forestière Un aménagement de la forêt qui tient compte de la faune leur fournit de la nourriture en abondance. Ils fréquenteront donc ces secteurs, à la condition toutefois qu'on laisse suffisamment de forêts mûres à proximité pour qu'ils puissent y trouver un abri adéquat. À la Forêt Montmorency, quand l'ingénieur forestier planifie les coupes forestières en respectant les règles de l'aménagement écosystémique, il s'attend à ce que les besoins de la plupart des espèces L'exemple de l'orignal fauniques présentes soient comblés puisque la diversité naturelle de la forêt est en quelque sorte maintenue. Ainsi, on retrouve sur le territoire de la forêt d'enseignement et de recherche des espèces fauniques typiques des stades jeunes à des stades plus âgés, et particulièrement des espèces fauniques dites de lisière, telles que l'orignal, le lièvre et certains oiseaux forestiers. L'orignal s'adapte favorablement aux coupes forestières lorsqu'on conserve un entremêlement de forêts en régénération où il peut se nourrir et de forêts mûres où il peut se réfugier. À la Forêt Montmorency, les coupes forestières sont utilisées par l'orignal pour se nourrir dès l'année suivant l'intervention. Il y trouvera en effet de jeunes pousses de sorbier d'Amérique, d'érable à épis, de cerisier de Pennsylvanie, ainsi que diverses plantes herbacées. Avec un couvert forestier à proximité du secteur récolté, il peut aller se réfugier pour ruminer, se reposer et s'abriter. L'orignal constitue pour les gestionnaires de la Forêt Montmorency une espèce indicatrice de la qualité de son modèle d'aménagement de forêt mosaïque. 7

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    8 Les paysages forestiers La Forêt Montmorency est reconnue pour ses activités de récréation hivernale, tels que le ski de fond et la raquette. Lors d'une randonnée en forêt, on s'attend de toute évidence, à être entouré d'arbres. Ainsi, pour harmoniser la récolte de bois avec les activités de plein air, on y pratique la coupe partielle. Il s'agit de prélever en moyenne un arbre sur trois dans la forêt, de façon à laisser un couvert forestier en place. L'ouverture ainsi créée dans la forêt laisse passer la lumière et entraîne un réchauffement du sol, propice au développement des jeunes repousses qui constitueront la forêt de demain. De plus, dans une optique d'amé na gement écosystémique, ces secteurs seront soumis à des prélèvements partiels de bois périodiques aux 15 à 20 ans, ce qui les transformera graduellement en forêts plus ou moins régulières. C'est donc un autre pas vers le maintien des traits distinctifs de la sapinière à bouleau blanc. Cette approche permet aux randonneurs d'apprécier l'ambiance du couvert forestier. Des chercheurs ont démontré que cette façon de récolter du bois aux abords des zones de récréation, comme les sentiers pédestres et les pistes de ski de fond, était acceptable pour le public. Plusieurs ne remarquent même pas qu'il y a eu de la coupe de bois ! Il est aussi possible, grâce à des logiciels de simulation 3D, de visu a liser quel sera l'impact d'une coupe dans le paysage. Grâce à cet outil technologique développé par exemple par des ingénieurs en géomatique, il est possible de modifier et d'adapter la coupe pour qu'elle s'intègre mieux au paysage.

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    L'Université Laval a fait reconnaître légalement, auprès du gouvernement du Québec, 13 % du territoire de la Forêt Montmorency en tant qu'aire protégée, plus précisément à titre de réserve de biodiversité. Cette réserve vise à préserver des échantillons représentatifs des écosystèmes typiques de la région, à des fins d'enseignement et de recherche. À titre d'exemple, mentionnons le bassin du lac Laflamme, où l'impact des précipitations acides Les aires protégées est étudié depuis plus de 20 ans, le secteur des Cascades à l'extrême sud du territoire, où le bouleau jaune atteint sa limite nord de distribution, la tourbière du lac Joncas, un riche milieu humide, ainsi que les corridors longeant les rivières Montmorency et Noire, afin de préserver l'intégrité du milieu aquatique et assurer une certaine connectivité à l'intérieur de l'aire protégée. Cette réserve de biodiversité est régie par un plan de conservation. Aucune coupe forestière n'y est autorisée. Ce territoire fait partie intégrante de la forêt d'enseignement et de recherche. Il permet donc aux étudiants et futurs ingénieurs forestiers d'acquérir une expérience pratique en lien avec les aires protégées. De plus, la réserve de biodiversité constitue pour les chercheurs un témoin important d'écosystèmes non altérés. 9

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    La technologie évolue sans cesse dans les domaines reliés à la mesure et à la cartographie du territoire. À la Forêt Montmorency, de nombreux inventaires du milieu naturel (incluant des données sur les arbres, les sols, la roche­mère, les plantes et la faune) et des relevés d'infrastructures (comme les sentiers récréatifs, les observatoires et les sites de recherche) ont été réalisés au fil des ans pour mieux connaître le territoire. Outil de plus en plus connu, le GPS sert, entre autres, à la localisation des parcelles d'inventaire de tous genres, des sentiers de ski de fond et des routes ainsi qu'aux repérages fauniques 10 Des technologies de pointe pour aménager et cartographier le territoire et des divers sites d'intérêt. C'est un outil essentiel en forêt. Ces informations numériques aident grandement à la prise de décision pour l'aménagement de la forêt et à toutes les études et recherches sur le territoire. La Forêt Montmorency possède aussi des photographies aériennes géoréférencées sous forme d'ortho­images qui facilitent elles aussi la tâche lors de la planification forestière. De plus, des images satellitaires sont disponibles, ce qui permet d'étudier différents éléments du haut des airs. Ces outils de pointe sont issus de la géomatique, domaine qui fait appel aux sciences, aux technologies de mesure de la Terre ainsi qu'aux technologies de l'information pour faciliter l'acquisition, le traitement et la diffusion des données sur le territoire. Les ingénieurs en géomatique et les arpenteurs-géomètres aident au développement et à l'utilisation de ces technologies de pointe liées à la mesure de la Terre. Par la suite, différents professionnels, comme les ingénieurs forestiers, les géographes, les spécialistes du milieu naturel et les urbanistes, utilisent ces outils et les différents logiciels de cartographie numérique pour faciliter leur travail d'aménagement durable de notre territoire.

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